Tonya Haverkamp : Peu de gens peuvent se vanter de nourrir l’Ontario


Tonya Haverkamp

Listowel (Ontario)
33 ans

Il y a quelques années, avant qu’elle ne vienne à diriger à temps plein l’exploitation ovocole de ses parents, Tonya Haverkamp travaillait simultanément à deux emplois très différents mais complémentaires.

Elle passait une partie de sa journée à travailler à la ferme et le reste au Zehrs, un supermarché local, à remplir les tablettes de la section des produits laitiers. Il lui arrivait assez souvent de placer ses propres œufs sur les tablettes du magasin.

L’expérience lui a fait mieux connaître les consommateurs, car elle avait souvent à répondre à leurs questions touchant les œufs. Elle a depuis quitté son poste à Zehrs pour se concentrer à temps plein sur la production d’œufs.

Et elle trouve valorisant de savoir qu’elle s’embarque dans une carrière où elle va littéralement mettre de la nourriture dans les assiettes des gens.

Tonya Haverkamp a grandi dans une famille de producteurs d’œufs du sud-ouest de l’Ontario.

« J’ai grandi dans la grange! dit-elle en riant. Toute petite, ma mère me plaçait dans un siège pour bébés et m’emmenait à la grange avec elle pendant qu’elle ramassait les œufs ».

Dès qu’elle a pu, elle a aidé. Mais elle ne songeait pas à devenir elle-même productrice d’œufs.

Elle a pris des cours d’esthéticienne, ensuite elle a obtenu un permis de conduire pour camions.

Mais ça n’a rien donné, dit-elle avec regret, car « j’avais 18 ans, et on voulait des chauffeurs de 25 ans avec cinq ans d’expérience ».

Elle a donc pris un poste de caissière au supermarché, et au fil des années elle a gravi les échelons – tout en continuant d’aider ses parents.

Mais en bout de ligne deux emplois c’était trop; elle a dû choisir. Alors il y a deux ans, elle a quitté Zehrs pour devenir directrice de la ferme.

« J’adore ça! dit-elle avec enthousiasme. Je me sens vraiment chez moi. Ayant grandi sur une terre, je suis tout à fait à l’aise avec le travail.

« En plus, j’aime ne pas avoir à voyager pour me rendre au travail. J’y suis déjà. Il y a peu de gens qui peuvent dire qu’ils vivent où ils travaillent et travaillent où ils vivent »!

Et elle est fière de produire de la nourriture.

« Peu de gens peuvent se vanter de nourrir les gens de l’Ontario » affirme-t-elle fièrement.

« On utilise les œufs dans plusieurs produits. C’est trippant de faire partie de ça ».

Elle a appris en travaillant à l’épicerie que la plupart des consommateurs, surtout ceux qui vivent dans les régions rurales, savent très bien d’où viennent leurs œufs.

Mais selon elle, les producteurs d’œufs auraient intérêt à mieux faire connaître leur industrie.

Elle entend rester dans l’industrie, soit en prenant éventuellement le contrôle de l’exploitation de ses parents, soit en démarrant sa propre exploitation.

« Je voudrais bien un jour avoir des enfants, et je voudrais les élever comme moi j’ai été élevée. J’ai appris à être vaillante et responsable – et à me soucier non seulement de mon bien-être, mais de celui de mes poules ».