Producteurs des Territoires du Nord-Ouest fiers de leurs œufs ‘nordiques’


Les membres de la famille Wallington – Glen, le père, et ses fils Michael et Kevin – sont très fiers des œufs qu’ils produisent à Hay River, dans les Territoires du Nord-Ouest.

En plus d’être les seuls producteurs d’œufs aux Territoires, ils produisent une des rares denrées locales qu’on retrouve en épicerie.

« J’espère que nous jetons les bases d’une plus grande production d’aliments ici dans le Nord », affirme Kevin Wallington, le directeur des ventes et du marketing à Polar Egg, le nom de commerce de l’entreprise qui classe et distribue les œufs.

« Nous traçons la voie pour que les gens d’ici apprennent à comprendre qu’il est possible de produire des aliments ici ».

Il n’est pas facile d’avoir accès à des aliments locaux dans les endroits au pays où il est difficile sinon impossible de créer des entreprises agricoles.

Le climat à Hay River, sur la rive sud du Grand lac des Esclaves à environ 1200 kilomètres au nord d’Edmonton, permet un peu d’agriculture, et on produit des œufs dans la région depuis plusieurs années.

La famille Wallington en est à ses débuts dans le domaine. Glen, qui a la réputation d’être un homme à tout faire, y est arrivé un peu par accident lorsqu’on lui a demandé de prendre la direction d’une entreprise ovocole en difficulté. Il a réussi à réamorcer l’opération et s’est ensuite lancé lui-même dans la production d’œufs. Ses fils font maintenant partie de l’équipe, et sa fille compte en faire autant lorsqu’elle aura terminé ses études en médecine vétérinaire.

Mais jusqu’à récemment, l’absence d’un poste de classement des œufs faisait en sorte que les œufs produits localement ne servaient qu’à la production d’aliments transformés. Ils ne pouvaient pas être vendus directement au public.

La situation change en 2012 lors du lancement de Polar Egg, une entreprise qui aujourd’hui classe jusqu’à 50 000 œufs destinés à être vendus dans le Nord. Ou trouve les œufs chez certains épiciers, ainsi qu’au marché des fermiers qui est ouvert à Yellowknife pendant la belle saison. Et la compagnie compte prendre de l’expansion dans les années à venir.

Il n’est pas toujours facile de produire des œufs dans les Territoires du Nord-Ouest, mais la famille Wallington arrive à faire face aux défis.

Le plus important défi est le climat, car la température peut varier entre -40o C en hiver et +30o C en été. Les Wallington doivent déployer beaucoup d’efforts pour maintenir dans le poulailler de ponte une température qui convient à la production d’œufs.

« Les poules feront ce qu’elles ont à faire, nous n’avons qu’à assurer leur confort », explique Kevin.

La distance qui sépare l’entreprise de ses fournisseurs crée également problème.

« Nous devons toujours prendre les devants pour affronter les conditions extrêmes en hiver, » dit Glen. Par exemple, dit-il, ils doivent toujours s’assurer d’avoir assez de moulée au cas où la seule route vers le sud viendrait à être bloquée pendant plusieurs jours.

Certains coûts sont plus élevés que dans le sud, et il est plus difficile de trouver de la main d’œuvre.

Mais si les défis sont importants, les récompenses le sont tout autant.

Kevin raconte que les clients qui viennent le saluer au marché des fermiers de Yellowknife sont ravis de pouvoir acheter un aliment produit sur place. Il a même reçu des accolades et des becs de clients heureux d’apprendre qu’il avait réussi à remplacer ses boîtes à œufs en styromousse par des boîtes en carton plus tôt cette année.

« Il fait bon de pouvoir dire que nous sommes les seuls à pouvoir fournir des œufs frais aux gens du Nord », affirme Glen.

« Et il n’est pas simplement question de produire des œufs et d’en faire la distribution, ajoute Kevin. Il s’agit aussi de créer des relations avec les gens des Territoires du Nord-Ouest ».