Michelle Hunniford de Guelph tire parti de la science et de la littérature pour mieux comprendre ses poulets


Michelle Hunniford reconnaît facilement que, pour une scientifique spécialisée dans la volaille, sa formation générale est plutôt inhabituelle.

« En fait, je possède un diplôme de premier cycle en biologie et littérature anglaise », nous apprend Mme Hunniford, une doctorante de cinquième année en comportement et bien-être animal à l’Université de Guelph.

« C’est vraiment étrange; les gens me regardent quelquefois de façon bizarre lorsque je dis ça! Mais bon, au final, ça finit par (me donner) une formation vraiment solide. »

Les présentes recherches de Michelle Hunniford traitent du comportement des poules pondeuses qui sont logées dans des systèmes aménagés. Elle se concentre sur les éléments de l’aménagement – perchoirs, tapis à gratter et zones de nidification – et elle évalue si les poules utilisent ces systèmes comme leurs concepteurs l’ont prévu.

« Plusieurs pièces de l’environnement sont conçues avec une perspective humaine », affirme-t-elle. « Par exemple, je veux principalement savoir si les poules considèrent que les zones de nidification proposées représentent vraiment un bon endroit pour pondre un œuf. »

Cette recherche, Mme Hunniford ne l’aurait peut-être pas menée sans sa curieuse formation interdisciplinaire de premier cycle obtenue à l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario.

Deux séminaires suivis au cours de sa formation de premier cycle ont amené Michelle Hunniford vers le chemin qu’elle suit actuellement. Le premier séminaire portait sur la biologie sensorielle, où elle a écrit un important document portant sur la quantification de la douleur dans les paramètres utilisés par les vétérinaires. La production de ce document l’a obligée à tenter de comprendre l’expérience de la douleur du point de vue de l’animal.

Le second séminaire provenait du département de littérature anglaise de l’Université Queen’s.

« Le titre était Les femmes et les animaux. Il comprenait une discussion autour du mouvement de bien-être des animaux lancé dans les années 1800 ainsi qu’un lot de lectures d’écrits provenant des théoriciens contemporains du bien-être animal. »

« Je pensais qu’il s’agissait d’un champ étrange qui pouvait être couvert à la fois par des classes d’anglais et de science », ajoute-t-elle. « Et je pense que c’est pourquoi c’était si attirant – tellement interdisciplinaire; vous devez envisager un grand nombre de points de vue différents. »

Lorsqu’il s’agit de comprendre comment les poules interagissent avec l’aménagement du poulailler, le point de vue de la poule devient essentiel – un point de vue qui n’est pas toujours facile à obtenir. Comme Mme Hunniford le fait remarquer, lors d’une recherche, vous pouvez demander à un sujet humain ce qu’il pense de son environnement, ou comment il se sent dans les meubles qui l’entourent. Mais que la poule se sente confortable ou frustrée, vous n’obtiendrez rien de plus qu’un regard vide si vous tentez la même approche avec cet oiseau.

Alors, Michelle Hunniford cherche à comprendre le système de « logement » du point de vue de la poule. C’est un travail important, affirme-t-elle, un travail qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l’avenir de l’industrie.

Quant à savoir si Mme Hunniford pourrait tirer parti de son diplôme en littérature anglaise pour vulgariser ces informations pour le grand public, plus particulièrement pour l’industrie de la recherche avicole, elle répond que c’est possible, surtout le jour où elle aura obtenu un diplôme supérieur au premier cycle.

« Certaines choses sont frustrantes dans le domaine du bien-être animal, notamment les multiples aspects de désinformation entourant le traitement réservé aux animaux de ferme », affirme Michelle Hunniford.

« Ce qui m’intéresse vraiment, c’est la communication scientifique – comment transférer les connaissances provenant de nos études vers le grand public de manière fidèle et intéressante. »