Nourrir les poules pour qu’elles soient productives et en santé


Selon Leanne Cooley, spécialiste de la nutrition de la volaille, les poules d’aujourd’hui sont un peu comme des athlètes de calibre supérieur. Elles excellent à ce qu’elles font : produire des œufs.

Et, comme les athlètes de calibre supérieur, elles ont besoin d’un régime alimentaire qui leur permet de faire leur travail efficacement et qui les garde en excellente santé.

« Depuis plusieurs dizaines d’années, des recherches ont été menées sur ce qui constitue un régime santé pour les poules », de dire Cooley, candidate au PhD à l’Université de Guelph.

Elle précise qu’un régime équilibré doit tenir compte d’une variété d’éléments y compris, par exemple, non seulement les niveaux de protéines dans la moulée, mais également la composition de ces protéines, de sorte que les poules puissent pondre des œufs tout en maintenant leur état de santé.

Les producteurs d’œufs canadiens respectent le Règlement sur les aliments du bétail de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Au Canada, la moulée destinée aux poules pondeuses est sécuritaire et nutritive, contient des grains, des protéines, des graisses, des vitamines et des minéraux.

Le blé, le maïs, l’orge, le seigle et l’avoine dans la moulée donnent de l’énergie et sont également de bonnes sources de protéines, de fibres, de vitamines et de minéraux. Les légumineuses comme la fève soya et les pois et les oléagineux comme le canola et le lin sont des sources plus concentrées de protéines et de graisses diététiques. Certains aliments contiennent des sous-produits de source animale comme des coquilles d’œufs séchées et de la farine de viande et d’os. Ces ingrédients contiennent des minéraux importants et d’autres nutriments. Les graisses végétales ou animales donnent de l’énergie alors que le calcium et le phosphore de sources variées aident au maintien de la structure osseuse et contribuent à la formation quotidienne des coquilles d’œufs.

En plus de jouer un rôle essentiel dans le maintien de la santé des poules, un régime équilibré joue aussi un rôle important dans la qualité des œufs produits.

Par exemple, dit Cooley, la lutéine et la zéaxanthine sont des pigments retrouvés dans les aliments comme le maïs. Ces deux nutriments sont d’excellents antioxydants et les poules qui consomment de la moulée contenant ces nutriments les transmettent aux œufs qu’elles produisent.

Parce que les poules requièrent un équilibre de protéines de qualité élevée, la moulée utilisée au Canada peut contenir une faible quantité de sous-produits d’origine animale. Cela signifie que certaines rations de moulée peuvent contenir de la farine de viande et d’os, de la farine de plumes, de la farine de sang, des graisses animales et des coquilles d’œufs séchées.

Il s’agit de sources sécuritaires et nutritives d’énergie, de protéines, de calcium et de phosphore. Ces nutriments contribuent à la production d’œufs, sont facilement absorbés par les poules et aident au développement et au maintien du système immunitaire des poules, du plumage, des muscles et des os.

Ce ne sont pas toutes les poules qui consomment des sous-produits d’origine animale. Les producteurs d’œufs canadiens répondent à la demande des consommateurs en leur offrant un choix d’œufs en magasin, qu’il s’agisse des œufs classiques à coquille blanche ou brune, ou d’œufs de spécialité comme enrichis à l’oméga-3, biologiques, produits en libre parcours et provenant de poules qui ont consommé un régime végétarien. Par conséquent, le régime alimentaire des poules est ajusté en conséquence.

Les poules sont naturellement omnivores, poursuit Cooley, et mangeront d’elles-mêmes des vers, des insectes et dans certains cas de petits reptiles comme des grenouilles, ainsi que des plantes et des grains. Donc, dit-elle, il faut faire preuve de prudence si le régime des poules ne contient aucune protéine de source animale.

« Les poules ont besoin de consommer des acides aminés de tout genre et il peut être difficile, voire plus dispendieux, de leur donner de la moulée à base de légumineuses, d’oléagineux et de grains seulement », d’ajouter Cooley.

« L’important est d’atteindre un équilibre au niveau des nutriments consommés à même une variété d’ingrédients. Il est plus difficile d’administrer un régime alimentaire optimal aux poules qui ne contient que des grains, des légumineuses et des oléagineux. »

La science continue de faire de grands progrès dans l’amélioration de la nutrition des poules pondeuses.

Par exemple, la recherche a non seulement révélé comment améliorer le régime alimentaire des poules, mais également comment les producteurs peuvent épargner des sous et protéger l’environnement.

D’après Cooley, on sait maintenant que l’application de certains enzymes aux ingrédients retrouvés dans la moulée aide la poule à extraire plus de nutriments, en particulier des acides aminés et du phosphore qui donnent de l’énergie. Comme les poules obtiennent une meilleure nutrition à même la moulée qu’elles consomment, les producteurs peuvent réduire les quantités utilisées. Il en résulte donc des épargnes qui sont retransmises au consommateur.

Cela signifie aussi que le fumier des poules contient moins de nitrogène et de phosphore. Cela est bénéfique pour l’environnement car les nutriments excédentaires peuvent se retrouver dans les eaux souterraines.

« Tous nos producteurs sont soucieux de l’environnement », de conclure Cooley. « Un grand nombre de producteurs d’œufs produisent également des cultures agricoles commerciales. L’utilisation de ces enzymes leur permet d’épandre des quantités plus élevées de fumier sur leurs terres en toute quiétude. »