Avant et après la gestion de l’offre : pourquoi le système fonctionne pour tout le monde


Comme veut le dicton, « ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter ». C’est ce qui me vient parfois à l’esprit quand je pense à la gestion de l’offre, notre méthode bien canadienne servant à gérer la production d’œufs, de produits laitiers et de volaille.

Le système est exploité par des producteurs canadiens, qui suivent un ensemble de règles uniformes qui font la promotion des normes les plus rigoureuses en matière de salubrité alimentaire et de pratiques agricoles, et qui reçoivent un juste retour pour leurs efforts. Il y a deux époques dans l’histoire de la production d’œufs au Canada : avant et après la gestion de l’offre. La différence entre les deux est époustouflante, comme on peut le constater en lisant les livres historiques et en écoutant les producteurs qui ont connu les deux époques. Connaître cette histoire et savoir combien la gestion de l’offre est importante pour les consommateurs et les producteurs est très éclairant. Alors, aujourd’hui, j’aimerais donner une petite leçon d’histoire : Le Canada avant et après la gestion de l’offre.

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Avant la gestion de l’offre : incertitude et instabilité

Cecil Jennings est le patriarche de Bayview Poultry Farm, alors que son fils et son petit-fils sont les derniers d’une lignée de cinq générations qui ont cultivé la terre néo-écossaise de la famille Jennings. Cecil et moi nous souvenons du temps précédant la gestion de l’offre, quand les producteurs d’œufs peinaient à prospérer. « On ne savait pas d’une semaine à l’autre ce qu’on allait obtenir », se rappelle Cecil.1 Les producteurs d’œufs vendaient leur produit directement aux grossistes, et ils étaient entièrement à la merci du prix qu’ils offraient ‒ communément appelé « prix au comptant ». C’était un système chaotique. Un producteur n’était même pas sûr de régler ses coûts de production… ou de faire un modeste profit à la fin de chaque année. Il n’y avait pas de stabilité pour les producteurs, aucune certitude de rentabilité ‒ ou à certains moments, ils se demandaient si leur ferme pourrait survivre un autre jour.

Cela a conduit à une crise nationale. Le Conseil des produits agricoles décrit les années 1960 et 1970 comme une période de « chaos dans les marchés de la volaille et des œufs ».2 Le statut quo n’était plus possible. Le temps du changement était venu.

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Après la gestion de l’offre : certitude et stabilité

Pour redonner espoir aux producteurs, le gouvernement fédéral déposait le projet de loi C-176 en mars 1970.3 Le projet de loi créerait un office de commercialisation national pour réglementer la production d’œufs et allouer des contingents de production à toutes les provinces. Il fut adopté le 31 décembre 1971 et, le 12 janvier 1972, la Loi sur les offices de commercialisation des produits agricoles entrait en vigueur au Canada.4 La même année, l’Office canadien de commercialisation des œufs voyait le jour… une organisation que vous connaissez aujourd’hui sous ce nom : Les Producteurs d’œufs du Canada.

Depuis lors, l’industrie ovocole s’est améliorée énormément. Les Canadiens peuvent compter sur un approvisionnement constant d’œufs frais, produits localement, et les producteurs jouissent d’un revenu stable. Somme toute, chacun est gagnant avec la gestion de l’offre, alors que consommateurs et producteurs peuvent aller de l’avant ensemble dans un système qui fonctionne bien pour tout le monde.