Faites connaissance avec Roger Pelissero, producteur d’œufs de 3e génération et président des Producteurs d’œufs du Canada


Au cœur du splendide canton de West Lincoln, en Ontario, se trouve la ferme de production d’œufs de Roger Pelissero, président des Producteurs d’œufs du Canada. Producteur d’œufs depuis toujours et défenseur de l’industrie ovocole, Roger nous a récemment rencontrés pour discuter de la vie dans une ferme familiale et l’avenir de l’industrie. Jacob, le fils de Roger qui œuvre aux côtés de son père à la ferme, s’est également joint à nous.

Roger, parlez-nous un peu de votre ferme.

Roger : Mon père a acheté cette ferme en 1974. Nous avons déménagé notre exploitation agricole existante de St. Catharines à West Lincoln en 1976. En 1984, ma femme et moi avons racheté cette ferme avec mon frère et sa femme, et nous sommes officiellement devenus la deuxième génération de producteurs d’œufs de notre famille.

Jacob, quels souvenirs gardez-vous de votre enfance et du travail à la ferme?

Jacob : Le samedi, nous avions le choix : nous pouvions aider mon père à la ferme ou faire le ménage de notre chambre. Je me disais : « Je peux aller à la ferme pour recueillir des œufs ou faire le ménage de ma chambre gratuitement… » Alors, j’allais travailler à la ferme. Au fil du temps, on apprend à apprécier ce travail et on en retire un sentiment de fierté et d’appartenance.

Un souvenir que j’affectionne particulièrement est lors des journées d’hiver où l’école était fermée à cause de la neige. Y a-t-il quelque chose de plus canadien qu’un tel jour de congé? Pour nous, c’était l’occasion d’aller aider notre père à la ferme. Nous récoltions les œufs alors que notre père nous façonnait le plus gros banc de neige possible à l’aide du tracteur. Nous allions ensuite glisser, jouer au hockey sur la mare ou bien notre père nous tirait en traîneau avec son tracteur. Pour un peu de travail, il y avait énormément de plaisir.

Un des facteurs qui distingue le travail agricole des autres professions est que les membres de la famille ont souvent l’occasion de travailler ensemble. En tant que père et fils, comment se déroule votre collaboration?

Roger : Jacob est revenu pour travailler à temps plein depuis un peu plus de trois ans. Nous sommes toujours en phase d’apprentissage, mais il acquiert plus de marge de manœuvre et de leadership. Ça prend beaucoup de confiance. Je prends toutes les décisions depuis tant d’années. Maintenant, je peux m’absenter l’esprit tranquille, car nous avons atteint ce niveau de confiance.

Jacob, en quoi votre père vous inspire-t-il alors que vous commencez votre carrière?

 Jacob : La famille est un élément central d’une ferme familiale. Lorsque nous étions jeunes, notre père nous accompagnait lors des sorties scolaires et agissait à titre d’entraîneur de football, de hockey et de soccer. Notre mode de vie représente beaucoup de travail, mais nous permet aussi une certaine souplesse. Le matin, Papa conduisait la navette pour amener les enfants à l’entraînement de hockey, ce que les autres parents n’étaient pas en mesure de faire à cause de leurs horaires de travail. Mon père est un leader. Bien des leçons qu’il m’a enseignées à la ferme s’appliquent également à d’autres sphères de la vie.

Roger, qu’avez-vous fait pour transmettre les valeurs vous ayant permis de réussir en tant qu’agriculteur?

 Roger : Je tente de prêcher par l’exemple. Il y a ceux qui observent, et ceux qui agissent pour tenter de changer les choses. Mon propre père m’a appris qu’il faut parfois se retrousser les manches et agir. J’aime collaborer avec les autres membres du conseil, j’aime parler de notre industrie et travailler de concert avec les membres de nos familles. Parallèlement, j’aime toujours revenir à la maison et me salir les mains en travaillant dans le poulailler.

Roger, en plus d’être producteur d’œufs, vous êtes également un leader dans l’industrie canadienne des œufs à titre de président des Producteurs d’œufs du Canada. Dans ce rôle, quel héritage espérez-vous laisser à tous les Jacob du Canada — à la prochaine génération de producteurs d’œufs canadiens?

 Roger : J’espère leur laisser une industrie où les jeunes producteurs continueront de recevoir un rendement équitable pour la production d’œufs destinés aux consommateurs canadiens. Nous voulons nous assurer que les producteurs puissent gagner convenablement leur vie pour faire vivre leur famille, et nous voulons les aider à entretenir le système de gestion de l’offre, car il s’agit d’un réel privilège.