Dans les coulisses d’une inspection de ferme


Le jour se lève — il est tellement tôt que la campagne présente le visage insaisissable qu’elle réserve pour les lève-tôt éveillés au petit matin. Les nuages semblent peints à même le vaste ciel qui s’étend à perte de vue. Bientôt, de fragiles lueurs perceront la brume tandis que Michelle Morrison parcourt la route pour se rendre au boulot.

Michelle est une inspectrice qui travaille sur le terrain pour le compte des Producteurs d’œufs du Canada; elle est une agente de première ligne qui procède à la vérification des exploitations agricoles selon les normes du pays. Nous lui avons demandé de nous raconter une journée typique dans la vie d’une inspectrice et de nous parler de son travail consistant à sillonner les routes rurales du Canada pour aller à la rencontre des producteurs d’œufs canadiens.

Voilà maintenant dix ans que Michelle est inspectrice. Ses inspections prennent habituellement une journée et comprennent l’examen approfondi de ce que Michelle appelle des « points de contrôle », c’est à dire des moments lors des étapes de production où des bactéries ou d’autres contaminants peuvent nuire aux poules ou aux œufs pondus par ces dernières. Ces points de contrôle jouent un rôle clé dans l’application des plus hautes normes de qualité dans les exploitations ovocoles du pays.

« L’inspection s’effectue en quatre volets : l’extérieur du poulailler, l’intérieur du poulailler, les poules et la tenue des dossiers », explique Michelle.

L’extérieur du poulailler

« Cette vérification est essentielle à la lutte contre les parasites et les animaux nuisibles », remarque Michelle. Ces derniers représentent la source principale d’agents pathogènes touchant les poules. Les producteurs doivent vérifier l’extérieur du poulailler afin de s’assurer de l’intégrité structurale du bâtiment. Sans cela, des parasites ou des animaux nuisibles pourraient s’infiltrer dans le poulailler et y amener des contaminants. Un poulailler est d’ailleurs conçu comme une forteresse dans le but d’éviter cette situation.

L’intérieur du poulailler

L’intérieur d’un poulailler est divisé en deux types d’espaces : les zones « d’accès restreint » et les zones « d’accès non restreint ». La zone « d’accès restreint  », qui comprend l’endroit où logent les poules, est l’espace où les mesures de biosécurité sont appliquées : les visiteurs doivent enfiler une combinaison de biosécurité (comme l’illustrent les images qui suivent). La zone «d’accès non restreint  » est essentiellement un vestibule. Le producteur doit réserver une partie du bâtiment comme zone tampon entre le poulailler en tant que tel et l’extérieur. Dans cet entre-deux, les souliers et les bottes sont désinfectés et les visiteurs doivent enfiler une combinaison de biosécurité avant de pénétrer dans le logement des poules.

« Les producteurs doivent respecter la biosécurité, et ils doivent être en mesure de le démontrer », affirme Michelle.

« Nous avons une devise : dites ce que vous faites, faites ce que vous dites, et prouvez-le. »

Cette exigence signifie que les producteurs doivent noter leurs procédures normalisées d’exploitation et conserver un registre des visiteurs détaillant la façon dont ces procédures sont suivies. Michelle vérifie ces registres et se rend ensuite au poulailler à la recherche de fissures dans le plancher ou d’autres problèmes d’intégrité structurale du bâtiment, là où peuvent se cacher les bactéries.

Michelle porte ensuite son attention sur les logements des poules afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’éléments détachés ou dévissés, ou d’autres risques potentiels. Elle fait appel à son instinct et à ses sens pour cette partie du processus.

Tenue des dossiers

Une inspection, décrit Michelle, constitue « un instantané », un portrait figé dans le temps. Examiner les dossiers d’un producteur permet à Michelle d’aller au-delà de cet instantané et d’analyser les façons de faire depuis la dernière inspection de l’exploitation.

Michelle observe l’évolution de ce processus depuis une décennie. Quelles tendances a-t-elle remarquées au cours des dix dernières années?

« Je vois que les producteurs adoptent le programme année après année », affirme Michelle.

« Les producteurs constatent les résultats de ces programmes : des poules en meilleure santé qui pondent davantage d’œufs de qualité toujours supérieure. Chaque année, je constate une amélioration de leur niveau d’engagement. »

C’est pour cette raison que Michelle adore son boulot.

« L’œuf est un produit « miracle » et les producteurs aiment leur industrie », ajoute Michelle en souriant.

« C’est tellement formidable de travailler avec des gens qui se soucient de la sécurité et du bien-être des animaux autant que moi. Tout le monde dans cette industrie souhaite être le meilleur de sa catégorie. Nous nourrissons la nation entière, après tout! »