La gestion de l’offre : remettons les pendules à l’heure


Le 26 mai, la firme Campaign Research a publié les résultats d’un sondage (en anglais) qui demandait à la population canadienne si elle approuvait ou non la gestion de l’offre. Les résultats sont on ne peut plus clairs : 75 % des Canadiens et des Canadiennes sont en faveur de la gestion de l’offre. Tous les sondages montrent que le soutien à l’endroit d’un système – qui, comme l’a récemment souligné le premier ministre Trudeau, [traduction] « fonctionne pour nos producteurs agricoles, pour notre industrie agricole et pour la population canadienne » – continue à se manifester.

Au nom de tous les producteurs assujettis à la gestion de l’offre, nous ne le dirons jamais assez : merci à la population canadienne pour son appui indéfectible. Le système de gestion de l’offre profite aux consommateurs canadiens ET aux producteurs agricoles. Voici quelques raisons pourquoi :

Des produits frais et de qualité pour les consommateurs et un juste revenu pour les producteurs

Avec la gestion de l’offre, les producteurs agricoles canadiens œuvrent tous ensemble pour satisfaire notre demande intérieure au moyen de produits canadiens. Cela permet d’offrir à la population canadienne une quantité constante de produits frais qu’elle désire et qu’elle apprécie, tout en permettant aux producteurs de recevoir un juste revenu pour leur travail et leur investissement.

Par conséquent, les secteurs agricoles assujettis à la gestion de l’offre au Canada sont parmi ceux qui offrent les meilleurs résultats au pays, ajoutant collectivement 348 000 emplois dans nos collectivités, 6,9 milliards de dollars en recettes fiscales et 29,6 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) canadien.

La gestion de l’offre n’entraîne pas une augmentation de prix pour les consommateurs

Les producteurs agricoles ne fixent pas les prix de détail; les détaillants et les restaurateurs vendent les produits au prix qu’ils estiment que le marché est prêt à payer. Le prix payé par le consommateur dépend de nombreux facteurs, qui peuvent inclure la concurrence entre les détaillants, le positionnement des marques, le coût des articles concurrents et les « aubaines à tout casser » pour attirer les consommateurs dans les magasins de détail. Aucun de ces facteurs n’est lié à la part que le producteur reçoit, laquelle ne représente en général qu’une fraction minime du prix final.

Prenons l’exemple du poulet. Le prix des mêmes morceaux de poulet achetés dans divers marchés, dans la même ville, le même jour, varie énormément. Les Producteurs de poulets du Canada ont constaté que dans 21 marchés d’Ottawa, le prix de la même marque nationale de poitrines de poulet désossées sans peau se situait entre 11,50 $ et 26,43 $ le kilo le 15 décembre 2016. Alors que la variation du prix de détail était de plus de 100 %, le producteur était payé le même prix, soit 1,56 $ le kilo.

Les données provenant de l’extérieur du Canada viennent corroborer cette constatation. La production laitière en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et en Australie laisse soupçonner qu’il y a une divergence notable entre les prix à la production et les prix de détail. Dans de nombreux cas, les prix à la consommation ont augmenté dans ces marchés non réglementés, alors que les revenus des producteurs ont baissé.

Aucune subvention gouvernementale n’est nécessaire 

Grâce à la gestion de l’offre, les industries du lait, de la volaille et des œufs au Canada sont stables. Les revenus de ces producteurs, qui ne reçoivent aucune subvention gouvernementale directe, proviennent directement du marché. Il n’en va pas de même dans beaucoup d’autres pays.

Les États-Unis offrent à leurs producteurs agricoles des mesures de protection du revenu et de gestion des risques sous forme de subventions se chiffrant en milliards de dollars chaque année, mesures qui sont mises à la disposition des producteurs dans le cadre du U.S. Farm Bill. Depuis août 2016, le département américain de l’Agriculture (USDA) a promis d’acheter jusqu’à 40 millions de dollars de fromage afin de réduire un énorme excédent et d’augmenter les prix du lait pour aider les producteurs laitiers en difficulté.

Les producteurs agricoles de l’Union européenne sont pour leur part subventionnés par une généreuse politique agricole commune qui a fourni plus de 50 milliards d’euros pour soutenir le secteur agricole européen. De plus, entre septembre 2015 et juillet 2016, la Commission européenne a porté secours à son industrie laitière à deux reprises, pour un total combiné d’un milliard d’euros.

Un système qui fonctionne pour le Canada et pour sa population

La priorité des producteurs de lait, de volaille et d’œufs du Canada est de satisfaire leur clientèle, qui souhaite des aliments locaux, de haute qualité, sains et éthiques, et ce, à des prix abordables. Nous sommes reconnaissants de l’incroyable vague de soutien que nous témoigne la population canadienne, et nous continuerons de résister aux attaques contre un système qui permet de procurer aux Canadiens des produits laitiers, de la volaille et des œufs dignes de leur confiance.

La gestion de l’offre est véritablement un modèle qui profite à la population canadienne. Laissons les choses ainsi.