Michael Wallington : C’est très important pour moi de pouvoir être à mon compte


Michael Wallington

Hay River (Territoires du Nord-Ouest)
37 ans

Il n’y a que trois producteurs d’œufs aux Territoires du Nord-Ouest. Michael Wallington fait partie de la liste, son père Glen aussi. Les trois producteurs partagent tous la même grange à Hay River, sur la rive sud du Grand lac des Esclaves.

C’est un arrangement qui facilite la production d’œufs dans un coin de pays où, comme le dit Michael, « l’hiver dure huit mois ».

Michael aime bien les défis – presqu’autant qu’il aime la flexibilité qui vient du fait d’être à son compte. Et bien qu’il ne soit qu’à ses débuts dans l’industrie, c’est un style de vie qui lui plaît, et il espère continuer pendant longtemps.

Michael a grandi en Colombie-Britannique et en Saskatchewan et est arrivé à Hay River avec sa famille en 1994.

Mais i a quitté le village après avoir terminé son secondaire.

« Je n’étais pas chez moi, dit-il. Et je me suis toujours dit que je n’y reviendrais jamais ».

Il s’est établi à Calgary, a commencé à travailler dans la construction et s’est marié. Il est maintenant père de quatre enfants âgés de 11, 10, sept et six ans.

Pendant ce temps-là, à Hay River, une exploitation ovocole éprouvait de sérieuses difficultés. On a demandé à Glen Wallington, son père, de venir à la rescousse. Glen ne connaissait rien de l’industrie, mais il avait la réputation d’être un excellent homme à tout faire. Il a réussi à redresser l’entreprise et est devenu lui-même producteurs d’œufs.

À Calgary, la récession avait sérieusement ralenti l’industrie de la construction et Michael se tournait les pouces. Son père lui a demandé de remonter vers le Nord pour l’épauler.

Michael a décidé d’embarquer quand il s’est rendu compte qu’en devenant producteur d’œufs, il serait maître de son destin.

« C’est très important pour moi de pouvoir être à mon compte », dit-il.

Ils ont, son père et lui, 38 000 poules.

Michael a appris sur le tas, profitant des connaissances de son père, des autres travailleurs à la ferme, et d’une visite au Manitoba pour voir comment on pouvait fonctionner lorsque plusieurs producteurs se partagent la même grange.

« Je suis en éducation permanente, dit-il. J’apprends comme je peux ».

Il dit que sa participation à l’association des producteurs d’œufs des T.-N.-O. l’aide grandement.

« Je participe à une conversation nationale touchant le soin de nos animaux, et je trouve ça cool, dit-il. J’ai de la chance, car je suis encore relativement jeune ».

On ne produit pas des œufs aux T.N.-O. avec autant de facilité qu’ailleurs.

À cause des grands écarts de température on ne peut pas toujours se fier à la machinerie. Les producteurs eux-mêmes doivent être plus présents, et surveiller leurs opérations de plus près. Ils doivent, par exemple, surveiller de près les équipements dans la grange pour prévenir les bris mécaniques ou s’assurer le système de ventilation n’a pas gelé.

Mais en général, Michael dit qu’il mène une belle vie.

« Quand t’es pas en train de faire de la motoneige, de jouer au hockey ou de t’amuser dehors, t’es en train de travailler, dit-il. Sports, famille et travail – voilà ma vie »!