Construire un poulailler au Swaziland grâce aux connaissances et à l’expertise canadiennes


Le petit pays du Swaziland est enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. De l’autre côté du monde par rapport au Canada, ce pays a profondément marqué  Kurt Siemens, Brad Lawson et Roger Pelissero.

Le trio fait partie d’un groupe de producteurs canadiens qui ont consacré bénévolement de leur temps pour y bâtir une exploitation de production d’œufs.  En collaboration avec l’ensemble de l’équipe, ils ont travaillé avec diligence pour planifier la conception de l’exploitation de pondeuses de Heart for Africa dans la région rurale du Swaziland.

« On peut voir que les gens sont passionnés au sujet de ce qu’ils font et qu’ils le font avec cœur », de dire Kurt lors d’une visite à la pouponnière de Heart for Africa et à la ferme du Projet Canaan.

Le gros de l’équipement a été commandé pour l’exploitation et le nivellement du site est quasi complété.

L’objectif est que les poulaillers soient construits et que l’équipement soit installé d’ici le 15 décembre 2015, journée au cours de laquelle le premier troupeau de poulettes doit arriver au Projet Canaan.

Le plan a été conçu dans le cadre d’une série de visites dans le sud de l’Afrique.  Les membres du groupe ont visité des exploitations de pondeuses au Swaziland et au Mozambique, pays voisin, pour mieux comprendre la production d’œufs dans cette région.

« Cela met les choses en perspective et nous donne une orientation très claire », d’ajouter Roger. Il poursuit en expliquant qu’une tournée d’exploitations similaires et une discussion avec les producteurs locaux et le personnel ont aidé à solidifier l’approche.

Une variété de points ont été considérés à l’étape de la planification.

La taille de l’exploitation était largement fonction des exigences du programme alimentaire de Heart for Africa. Le programme livre plus de 74 000 repas préparés tous les mois aux communautés rurales via un réseau de 28 églises.

« Nous avons donc jonglé avec les chiffres pour déterminer la quantité d’œufs nécessaires pour ces repas », de poursuivre Brad.  « Nous avons puisé à même nos connaissances de ce que les pondeuses sont en mesure de produire et de certains facteurs qui pourraient affecter la production. »

« Nous avons choisi deux poulaillers parce que nous prévoyons alterner entre les troupeaux », de préciser Kurt.  Tous les six mois, la rotation se fera entre les poulaillers.  « De cette façon, la production sera continue. »

La sélection de la race de poules s’est faite suite à des discussions avec les producteurs de la région.  Il est bien connu que la race choisie évolue bien dans ce climat et qu’elle est polyvalente, ce qui contribuera une source nutritionnelle additionnelle pour la communauté et des revenus à la ferme.

Pour le groupe, il était important d’adopter une approche durable. L’exploitation utilise très peu d’électricité et la plupart des matériaux de construction viennent de la région.

Les poulaillers en plein-air auront une charpente en acier et un toit avec des prises d’air au centre pour permettre à l’air chaud de s’échapper.  Des filets serviront à tenir les oiseaux sauvages à l’écart et la circulation de l’air sera contrôlée par des ventilateurs et des rideaux qui pourront être abaissés ou relevés pour gérer la température des poulaillers.

Un système de cages à deux paliers fabriqué par Big Dutchman sera installé.  « Le système convient parfaitement aux endroits éloignés et répond bien au climat africain », dit Roger.

L’alimentation, la collecte des œufs et l’enlèvement du fumier se feront manuellement. Plus d’employés seront engagés pour gérer et exploiter la ferme. Cela cadre avec la philosophie de Heart for Africa voulant que la création d’emplois se répercute dans la communauté.

Toutes ces étapes se déroulant bon train, le point de mire est maintenant axé sur la formation. L’équipe s’affaire à évaluer différentes approches pour aider les responsables à faire l’acquisition et à comprendre les pratiques exemplaires en matière d’élevage des animaux et de production d’œufs.

Une option consiste en une formation pratique intensive dans une autre ferme du coin, alors qu’une autre encore consiste en une formation sur le site du Projet Canaan. L’équipe responsable du projet continuera de mener le processus et sera en quelque sorte sur appel pour fournir conseils et aider à résoudre les problèmes.

Après avoir rencontré Kurt, Brad et Roger, il a été facile pour moi de voir leur passion pour cette cause.

« Plusieurs choses que nous prenons pour acquis peuvent faire une grande différence. Nous en savons beaucoup au sujet de la production d’œufs. Pour nous, cela va de soi mais nous pouvons leur transmettre les compétences requises pour nourrir leurs familles pendant toute la vie », explique Brad.

Kurt a parlé d’une visite dans un foyer swazi typique où se trouvaient une mère  et ses  quatre enfants.  « Nous leur avons donné des œufs cuits durs, des sachets de mana et des vêtements », dit-il. « Il a fallu leur montrer comment décoquiller les œufs puisqu’ils n’en avaient jamais vus. »

Pour Roger, la contribution à un cycle de changement a eu un effet profond. « Lorsqu’on y va (au Swaziland) et que l’on voit les enfants et le plan à long terme pour leur montrer comment faire une différence, on constate déjà que cela mène à un changement réel. »

Des dons sont acceptés sur le site heartforafrica.ca (ou heartforafrica.org aux États-Unis) en cliquant sur « poultry house ». Votre soutien aidera à apporter une source durable de protéines de haute qualité et contribuera à une meilleure nutrition d’une communauté entière.