Une productrice d’œufs canadienne nourrit son coin de pays éloigné


Vétérinaire, productrice laitière, personnalité influente de sa communauté, championne de l’industrie et maintenant, productrice d’œufs — Pauline Duivenvoorden porte de nombreux chapeaux.

Native du Nouveau-Brunswick et issue de la deuxième génération d’une famille canadienne originaire des Pays-Bas, Pauline est une agricultrice polyvalente dont la carrière auprès des animaux est aussi riche et diversifiée que les paysages colorés du Canada atlantique près desquels elle réside. Aux côtés de son mari, Phil MacLean, elle ajoute une nouvelle corde à son arc : elle est la plus récente productrice d’œufs à œuvrer dans l’ouest de Terre-Neuve. Nous lui avons demandé de nous parler de sa vie consacrée au travail à la ferme et du fait qu’elle fournit une nouvelle source d’œufs frais de production locale à cette région peu peuplée du Canada.

Pauline a grandi à la ferme laitière de ses parents au Nouveau-Brunswick. Après des études au collège agricole de la Nouvelle-Écosse, Pauline et Phil ont déménagé en Ontario, où Pauline a fréquenté le collège vétérinaire. Vers la fin de ses études, une occasion s’est présentée à elle.

« J’ai vu une offre d’emploi sur un babillard pour un poste dans l’ouest de Terre-Neuve auprès d’animaux de ferme, se souvient-elle, et je savais que c’était parfait pour nous. Je souhaitais retourner au Canada atlantique et c’est ainsi que j’y parviendrais. »

Pour son travail, Pauline a parcouru une région du pays hors du commun — une étendue de 750 kilomètres dans l’ouest de Terre-Neuve, de Channel-Port aux Basques, au sud-ouest, jusqu’au site historique du débarquement des Vikings de L’Anse aux Meadows, dans la péninsule Great Northern1. Il s’agit d’un microcosme du Canada en soi : peu peuplé, mais riche en trésors naturels.

Tandis que la carrière de vétérinaire de Pauline lui faisait sillonner jusqu’à 125 000 km par année en camionette, son mari faisait carrière dans la production laitière. En 1999, le couple devenait propriétaire de sa propre ferme laitière — et Pauline se joignait à temps plein à l’exploitation familiale.

Les apprentissages faits dans le cadre de son travail de vétérinaire lui ont bien servi.

« Les vétérinaires comptent sur l’agriculteur pour obtenir des renseignements sur l’animal afin de poser un diagnostic, remarque Pauline. Le souci du détail est essentiel dans le métier de producteur. »

De plus, le réseau de producteurs que Pauline soutenait à titre de vétérinaire lui a donné son appui à son tour. Ainsi, alors qu’elle se réinventait en tant que productrice à temps plein, elle a constaté qu’elle faisait déjà partie de la communauté.

Pauline et Phil sont devenus producteurs d’œufs en 2017 grâce au programme pour nouveaux producteurs des Egg Farmers of Newfoundland and Labrador — un programme conçu pour faciliter l’entrée sur le marché des nouveaux producteurs. Le couple adore travailler avec le système de logements aménagés installé dans leur nouveau poulailler. Ce système permet aux poules de se livrer à leurs comportements naturels et fournit à ces dernières beaucoup d’espace, des perchoirs, des tapis de grattage, un accès facile à de l’eau et de la nourriture, et plus encore.

« C’est formidable de voir à quel point nos poules sont bien », affirme Pauline.

Faire partie de l’industrie ovocole intéressait beaucoup Pauline. À l’instar du secteur laitier, la production d’œufs est régie par la gestion de l’offre — une politique qui a énormément changé les choses pour les Canadiens, assurant aux producteurs un rendement équitable tout en offrant aux citoyens un approvisionnement régulier en œufs frais produits localement. Selon Pauline, la gestion de l’offre a été essentielle à la viabilité à long terme du secteur. « Mes parents exploitaient leur ferme avant l’arrivée de la gestion de l’offre, et j’ai vu de près l’incertitude au quotidien de leur situation », ajoute-t-elle.

Cette nouvelle offre d’œufs produits dans la région de l’ouest de Terre-Neuve a suscité beaucoup d’intérêt et a attiré l’attention dans la région. Selon Pauline, son arrivée a renouvelé l’intérêt du public pour les aliments produits dans la région — et c’est ce même public que Pauline souhaite approvisionner. Elle croit que le fait d’être actif au sein de sa communauté est essentiel dans le secteur agricole.

« Nous avons installé une fenêtre d’observation dans notre poulailler afin que les voisins puissent voir ce qui s’y passe. C’est important de leur transmettre des connaissances et de leur montrer comment est produite leur nourriture. »

Et il s’agit réellement de leur nourriture. Les œufs produits par les poules de Pauline sont principalement achetés et savourés à Terre-Neuve par bon nombre de voisins et d’amis qui viennent jeter un œil par la fenêtre d’observation de son poulailler. Voilà toute la beauté du système de gestion de l’offre.

Pauline et Phil mettent en œuvre tous les moyens possibles pour améliorer les connaissances de la communauté sur l’agriculture. Le couple accueille des visites scolaires au printemps et à l’automne, installe un kiosque dans les marchés régionaux et participe activement au dynamisme de leur communauté.

« À une époque où la plupart des Canadiens habitent dans des villes, explique Pauline, il est important que les agriculteurs commencent à parler de leur histoire. De nos jours, les gens sont déconnectés de l’agriculture. Nous souhaitons qu’ils croient en nous et nous fassent confiance. C’est pour cela que nous allons à leur rencontre. »