Une étude démontre que les secteurs soumis à la gestion de l’offre ont une incidence économique qui surpasse les attentes


Selon une nouvelle étude, les producteurs canadiens d’œufs, de volaille et de lait contribuent de façon substantielle à l’investissement dans les collectivités, à la création d’emplois et au PIB du Canada, et ce, selon des données par exploitation agricole.

En plus de fournir nutrition et salubrité alimentaire aux Canadiens, notre agriculture et notre secteur agroalimentaire nourrissent notre économie. Ils fournissent 2,1 millions d’emplois et représentent 6,6 % du PIB de notre pays, soutenant ainsi les collectivités rurales à l’échelle du pays. Une étude récente permet de mieux comprendre ces répercussions sur les collectivités rurales.

L’étude révèle que les exploitations du secteur soumis à la gestion de l’offre contribuent de façon substantielle au PIB du Canada, tout en fournissant d’importantes recettes fiscales aux gouvernements provinciaux et fédéral.

Ces résultats reposent sur des recherches antérieures, qui ont montré que la stabilité fournie par la gestion de l’offre encourage les producteurs à investir fortement dans leurs entreprises.

Maurice Doyon, Ph. D., est professeur à l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche économique sur l’industrie des œufs. Stéphane Bergeron, Ph. D., est chercheur à la même université. Ces derniers ont utilisé les données de l’Enquête financière sur les fermes (2015) de Statistique Canada pour analyser six secteurs agricoles : le secteur ovocole, la production de volaille, la production laitière, l’élevage de porcs, l’élevage de bovins, et les plantes oléagineuses/les cultures céréalières.

Les investissements provenant des six secteurs à l’étude ont fourni plus de 8,7 milliards de dollars au PIB du Canada en 2015. Cette activité économique a généré près de 1 milliard de dollars de recettes fiscales en 2015, ce qui représente environ 415 millions de dollars pour le gouvernement fédéral et à peu près 508 millions de dollars pour les provinces.

Contributions économiques élevées par exploitation agricole

Les trois secteurs soumis à la gestion de l’offre sur lesquels a porté l’étude (œufs, volaille et lait) ont été associés à des résultats au-delà des attentes en matière d’investissement dans les collectivités, de création d’emplois et de contribution au PIB du Canada.

En effet, l’étude a révélé que malgré le fait que les exploitations soumises à la gestion de l’offre ne représentent qu’environ 20 % des revenus agricoles des six secteurs à l’étude, celles-ci représentent 25 % de l’ensemble des investissements, 30 % de tous les emplois créés et 28 % du PIB total généré par les investissements agricoles.

La gestion de l’offre permet aux producteurs d’investir dans des infrastructures novatrices comme l’énergie renouvelable. Ces investissements sont effectués par des producteurs d’œufs à l’échelle du pays, comme Abe Loewen. Ce dernier a installé les panneaux solaires ci-dessus à sa ferme familiale située au Manitoba1.

Les données utilisées dans l’étude indiquent que les secteurs soumis à la gestion de l’offre contribuent plus que prévu au PIB du Canada. Par exemple, grâce aux seuls investissements à la ferme, chaque ferme laitière canadienne a contribué à hauteur de 180 000 $, en moyenne, au PIB national. Les contributions des investissements dans les exploitations de volaille et d’œufs ont représenté en moyenne 140 000 $ et 110 000 $ par ferme, respectivement.

Les contributions pour les secteurs non soumis à la gestion de l’offre étaient de 130 000 $ pour les exploitations porcines et de 60 000 $ chacune pour les exploitations bovines et pour les plantes oléagineuses/les cultures céréalières.

Les auteurs de l’étude ont tiré le constat suivant : « Bien que les productions soumises à la gestion de l’offre exigent des investissements considérables relativement aux quotas, il semble que la stabilité liée à ce système compense ces surcoûts par rapport aux secteurs non soumis à la gestion de l’offre, et créé des conditions favorables à un investissement accru. »

Ces nouveaux résultats viennent appuyer les recherches antérieures du Dr Doyon et de Raphael Mbombo. Celles-ci avaient révélé que la stabilité fournie par la gestion de l’offre créait des conditions favorables à un investissement agricole accru en supprimant l’incertitude des marchés et en permettant aux producteurs de préparer leur avenir.

Création d’emplois supérieure à la moyenne

La nouvelle étude montre comment cet investissement entraîne une création substantielle d’emplois. Les auteurs ont constaté que les exploitations agricoles soumises à la gestion de l’offre ont généré en moyenne 1,78 emploi par exploitation grâce aux investissements à la ferme en 2015. Les fermes de production laitière ont obtenu les meilleurs résultats en créant 1,93 emploi par ferme grâce aux investissements.

« Nous estimons qu’en 2015, l’investissement au niveau des exploitations dans six importants secteurs agricoles a créé directement 43 700 emplois à temps plein », remarquent les auteurs de l’étude. « Lorsqu’on tient compte des effets indirects et secondaires de ces investissements, l’incidence totale sur les emplois canadiens se chiffre à 88 700 emplois (équivalent temps plein). »

Une économie ovocole en croissance représente de la stabilité pour les exploitations familiales et plus de possibilités pour les Canadiens, permettant à ceux-ci de prévoir leur avenir et d’accroître leurs exploitations agricoles.

« Par leur caractère diffus, ces investissements n’attirent pas l’attention du public. Ils sont néanmoins importants, surtout dans les régions rurales où rejaillissent directement leurs retombées économiques. »

Les auteurs ajoutent que les emplois créés dans les régions rurales faiblement peuplées ont des retombées considérables à ces endroits – bien plus importantes que ce que l’on peut imaginer. Par exemple, dix emplois créés dans la région du Bas-Saint-Laurent, au Québec, auraient le même effet économique que 240 emplois créés à Montréal.

L’étude évalue uniquement l’incidence générée par les investissements, notamment dans les technologies, l’intendance environnementale et la rénovation et la modernisation du matériel.

L’étude Economic Impact From Farm Investments in Canada (2015) a été publiée en octobre 2018. On peut la consulter en ligne au CIRANO.

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