Thomas Clarke : un producteur de sixième génération prend le relais
Par Les Producteurs d’œufs du CanadaCe texte fait partie d’une série de portraits de jeunes producteurs d’œufs. Ces jeunes chefs de file font tous partie du Programme national des jeunes producteurs des Producteurs d’œufs du Canada, une initiative visant à préparer la prochaine génération de chefs de file de l’industrie ovocole.
Thomas Clarke
Woodville (Nouvelle-Écosse)
Thomas Clarke n’aurait jamais pensé qu’un jour, ce serait lui qui gérerait la ferme familiale. Étant le plus jeune de trois enfants, il a cru que son avenir était prédéterminé jusqu’à ce que son frère et sa sœur choisissent des carrières complètement différentes et que l’occasion se présente à lui inopinément.
Alors que sa sœur était policière au sein du service de police d’Halifax et que son frère poursuivait ses études pour obtenir un deuxième diplôme en ingénierie, Thomas s’est senti ramené vers ce lieu qui avait toujours été là.
« Il n’y a pas grand-chose qui me passionne autant que l’agriculture », dit-il.
Thomas est un producteur d’œufs de sixième génération dans la vallée de l’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, sur les terres que sa famille travaille depuis près d’un siècle. La ferme, Southview Farms, se trouve sur ce que les habitants du coin appellent affectueusement la « montagne du Nord »; elle surplombe des terres qui ont été façonnées autant par la météo et la géographie que par les gens qui les ont cultivées.
Les activités de la ferme ont toujours fait partie de sa vie. Enfant, il aidait partout où il le pouvait en ramassant des œufs, prenant place dans les camions chargés de moulée et en observant la machinerie et le va-et-vient qui assuraient le bon déroulement des opérations. Ce qui l’a le plus marqué, c’est la raison d’être de toute cette activité.
« Je me souviens d’avoir réalisé dès mon plus jeune âge que nous produisions des aliments pour les autres, dit-il. J’ai trouvé ça génial et valorisant de savoir que les gens utilisaient ces œufs tous les jours. J’étais tellement fier de ce que nous faisions. »
Après ses études secondaires, Thomas s’est inscrit à l’Université Acadia, où il a obtenu un baccalauréat ès sciences en psychologie tout en examinant d’autres sujets d’intérêt, comme la biologie et la nutrition. La production d’œufs est demeurée en arrière-plan, comme quelque chose qu’il faisait lorsque son père avait besoin de son aide.
Cependant, plus il passait du temps loin de la ferme, plus il remarquait qu’elle lui manquait et que rien d’autre ne pouvait la remplacer.
« L’une des raisons pour lesquelles j’allais à l’école était de découvrir ce que j’aimais, dit-il, mais je désirais toujours revenir. »
Aujourd’hui, Thomas aide à gérer la ferme avec son père, Jeff, qui est également président des Egg Farmers of Nova Scotia, et deux employés qui prennent la relève au besoin.
Au cours de la dernière décennie, la ferme s’est adaptée à l’évolution des occasions au sein de l’industrie. Autrefois une ferme diversifiée qui produisait des céréales et du maïs et qui possédait une meunerie pour approvisionner en moulée les fermes de poulets et de visons locales, elle se concentre maintenant davantage sur la production d’œufs et l’élevage de poulettes.
Aujourd’hui, les champs environnants sont loués, tandis que l’exploitation principale continue de prendre de l’expansion. Un quatrième poulailler de poulettes est en construction, conçu en tenant compte de la prochaine étape de la ferme. La famille étudie également la possibilité d’intégrer l’énergie solaire aux systèmes existants.
Au cours des deux dernières années, la ferme a fait la transition vers un système de logement en liberté avec volières : des espaces ouverts à plusieurs niveaux qui permettent aux oiseaux de se percher et d’interagir avec leur environnement. La famille de Thomas a été l’une des premières dans la région à faire le changement, en repensant la façon dont l’espace est utilisé et dont les oiseaux s’y meuvent.
La technologie joue un rôle important dans cette transition. Des caméras installées dans tout le poulailler permettent d’observer le comportement des oiseaux en tout temps et mettent en évidence des tendances, par exemple : l’endroit où les oiseaux se rassemblent, la façon dont ils utilisent leurs boîtes de nid et ce qui se passe pendant la nuit.
« Il est possible de remarquer des comportements que l’on ne verrait pas pendant la journée. En apprendre sur leurs positions et leurs habitudes, où ils aiment être et pourquoi nous a aidé à cerner la manière de mieux optimiser leur environnement », explique Thomas.
Ce dernier commence également à s’impliquer au-delà de la ferme. Dans le cadre du Programme national des jeunes producteurs et en tant que représentant des Egg Farmers of Nova Scotia, Thomas acquiert une vue d’ensemble de l’industrie : comment les décisions sont prises, comment les systèmes sont façonnés et comment les producteurs de tout le pays font face à des défis semblables.
Ce qui l’a le plus marqué, ce sont les gens qu’il a pu rencontrer.
« J’ai l’occasion d’en apprendre davantage, grâce non seulement aux modules d’apprentissage, mais aussi au réseautage avec mes pairs. L’expérience a été incroyablement puissante, car mes pairs ont le même état d’esprit et la même passion que moi, dit-il.
Je n’ai jamais été dans une situation où je côtoie des gens de mon âge qui aiment ce qu’ils font et qui sont là pour la même raison que moi. C’est merveilleux. »