La gestion de l’offre : génial et canadien


« Génial et canadien », voilà comment le professeur Bruce Muirhead qualifie le système de gestion de l’offre1. « Canadien », puisqu’il s’agit d’un système créé de toute pièce au pays. « Génial », parce que la gestion de l’offre brille lorsqu’on la compare aux autres systèmes établis à l’extérieur du Canada.

La gestion de l’offre prend appui sur une prémisse très simple : la stabilité du marché pour les consommateurs et les producteurs. Chaque année, un nouveau contingent de production est mis en place de sorte à équilibrer l’offre et la demande. Les Canadiens ont donc la garantie d’obtenir un produit frais, local et de qualité supérieure, alors que les producteurs reçoivent une juste rémunération. Au-delà de la production d’œufs, le système de gestion de l’offre est aussi utilisé pour les produits laitiers et la production de volailles.

supplymanagement-1_960x800_fr

Pour bien comprendre la gestion de l’offre, il faut voyager dans le temps jusque dans les années 1960. À cette époque, la production d’œufs était une véritable montagne russe. Il était impossible de connaître à l’avance le prix auquel les producteurs allaient vendre leurs œufs; eux-mêmes ne savaient pas si leur production serait rentable. Des fermes familiales étaient acculées à la faillite. Les communautés rurales étaient prises dans une tornade de changements de prix2.

La gestion de l’offre a été créée pour régler ce chaos; le système a rempli son mandat. De nos jours, les fermes familiales peuvent connaître longtemps d’avance leur revenu annuel. C’est un élément extrêmement important dans un marché où les frais d’exploitation peuvent se transformer en dépenses de plusieurs millions de dollars.

Alors, à quoi ressemblerait le Canada sans la gestion de l’offre?

Eh bien, les taxes seraient sûrement bien plus élevées. Avant la mise en œuvre de la gestion de l’offre, les contribuables étaient en première ligne lorsque des millions de dollars devaient être accordés pour subventionner et remettre les agriculteurs à flot3.  Depuis que le système de gestion de l’offre est en place, les producteurs obtiennent un revenu stable sans qu’il en coûte un cent aux contribuables.

supplymanagement-2_960x1025_fr

Certains critiques affirment que les consommateurs paient plus cher pour les produits en régime de gestion de l’offre. Les éléments probants provenant de l’extérieur du Canada démontrent que c’est faux. En Australie, dans un marché déréglementé, une douzaine d’œufs coûte environ 5 $ canadiens. C’est plus cher qu’au Canada.

Par ailleurs, en Nouvelle-Zélande, le lait est vendu 35 % plus cher dans un marché déréglementé qu’il ne l’est dans le système canadien de la gestion de l’offre. Le lait est si cher que les Néo-Zélandais le surnomment « l’or blanc »4.

Aux États-Unis, une étude menée en 2009 a révélé que les prix de détail augmenteraient de 61 % si les producteurs de lait venaient à perdre leur effectif sous-payé se composant d’immigrants illégaux, une pratique évidemment interdite par les lois canadiennes5.

La déréglementation survenue en Australie et en Nouvelle-Zélande s’est traduite par bien plus qu’une hausse des prix. Elle a signifié la mort des fermes familiales et de communautés rurales entières. En Australie, des milliers de fermiers ont délaissé la production laitière en raison des pertes financières qu’ils subissaient. Comme le disait un sénateur australien : « l’industrie a besoin que le gouvernement intervienne, sinon nous perdrons l’industrie laitière de notre pays »6.

Entre-temps au Canada, les secteurs agricoles qui profitent de la gestion de l’offre sont parmi les plus forts au pays. Collectivement, nos fermes donnent de l’emploi à 332 000 personnes, génèrent 6,4 milliards de dollars en taxes et contribuent 27,5 milliards de dollars au PIB canadien7.

Comme le dit la maxime, « si ce n’est pas brisé, pas besoin de réparer ». Les critiques ignorent trop souvent cette maxime. Il n’y a rien de mal de refuser de revenir à une époque où la gestion de l’offre n’existait pas; un monde qui remonte aux années 1950 et 1960.

La gestion de l’offre propose un modèle que met vraiment en valeur le « génie canadien ». N’y touchons pas!

Pour en apprendre plus au sujet de la gestion de l’offre, visionnez cette vidéo :