Les experts reconnaissent que le cholestérol diététique a peu d’incidence sur le cholestérol sanguin


Des données scientifiques démontrent qu’il n’y a pas de relation appréciable entre les taux de cholestérol diététique et de cholestérol sanguin. De plus, le cholestérol n’est pas un nutriment inquiétant en termes de surconsommation.

Telles sont les conclusions du Rapport scientifique du 2015 Dietary Guidelines for Americans Advisory Committee des États-Unis qui a fait récemment les manchettes partout en Amérique du Nord.1

Santé Canada reconnaît depuis longtemps que le cholestérol diététique a peu d’incidence sur le cholestérol sanguin dans la population générale. Maintenant, comme l’a d’abord annoncé le Washington Post dans son édition du 10 février de cette année, il semble que le gouvernement des É.-U. est sur le point de retirer la mise en garde en place depuis de nombreuses années à l’égard du cholestérol.

Depuis des décennies le gouvernement américain recommande, dans les Dietary Guidelines for Americans, que les Américains limitent leur apport de cholestérol diététique à pas plus de 300 mg par jour. Le conseil de limiter le cholestérol diététique a d’abord été introduit par l’American Heart Association il y a une cinquantaine d’années, créant beaucoup de confusion au sujet du cholestérol.

En réalité, la recherche scientifique a démontré que le cholestérol diététique qu’on trouve dans des aliments comme les œufs ont relativement peu d’incidence sur le cholestérol sanguin.  La majorité du  cholestérol en circulation dans le sang est produit par le foie.

Cette conclusion coïncide avec des décennies d’observations démontrant qu’il n’existe pas de relation  significative entre la consommation d’œufs et la cardiopathie, de nombreuses études ayant conclu que des adultes en santé peuvent manger des œufs sans augmenter leur risque de maladie du cœur.2-7

En réponse à la recherche courante, l’American Heart Association a abandonné, en 2013, son conseil de limiter le cholestérol diététique, reconnaissant l’absence de preuves d’un lien causal entre le cholestérol diététique et la santé cardiaque. Les plus récentes lignes directrices de l’Association en matière d’alimentation et de style de vie visant la prévention et la gestion des maladies cardiovasculaires ne recommandent plus de limiter l’apport de cholestérol diététique.8

Citant également un manque de preuves, le Comité consultatif des Dietary Guidelines for Americans de 2015 a déclaré qu’il ne maintiendrait pas sa recommandation historique de limiter la quantité de cholestérol diététique. Ces recommandations seront prises en considération par les ministères de la Santé et des Services sociaux (HHS) et de l’Agriculture (USDA) dans l’élaboration de l’édition de 2015 des Dietary Guidelines for Americans.

La recherche démontrant que les œufs peuvent faire partie d’une alimentation saine pour le cœur semble bien fondée puisque la majorité du gras contenu dans un œuf est non saturé. D’ailleurs, les œufs contiennent plus de matières grasses monoinsaturées (le genre de matières grasses qu’on trouve dans l’huile d’olive) que de matières grasses saturées. Et ils ne contiennent aucun gras trans.

De plus, les œufs fournissent une large gamme de nutriments qui peuvent contribuer à protéger la santé du cœur. Ces éléments comprennent des antioxydants comme les vitamines A, D et E et la lutéine, ainsi que des vitamines B, dont l’acide folique, B6 et B12.

Les œufs sont également une excellente source de protéines de haute qualité avec seulement 70 calories dans un gros œuf.

On reconnaît de plus en plus que des décennies de conseils de limiter le cholestérol diététique ont vraiment manqué la cible. La reconnaissance par le comité consultatif des É.-U. que le cholestérol diététique n’est pas un nutriment inquiétant en termes de surconsommation est un pas dans la bonne direction. Nous avons maintenant besoin, plus que jamais, de conseils diététiques qui ramènent les gens à consommer des aliments entiers qui sont naturellement nutritifs.

Comme source naturelle de 14 éléments nutritifs essentiels, les œufs font naturellement partie d’une saine alimentation.

Valerie Johnson est une diététiste et un écrivain de la nutrition. Elle est motivée par une passion pour inspirer les gens à bien manger. Elle est membre de l’Ordre des diététistes de l’Ontario, la Société canadienne de nutrition, et Les diététistes du Canada.

¹ USDA. Scientific Report of the 2015 Dietary Guidelines Advisory Committee.
² Rong Y et al. Egg consumption and risk of coronary heart disease and stroke: dose-response meta-analysis of prospective cohort studies. BMJ 2013; 346 (e-pub).
³ Scrafford CG et al. Egg consumption and CHD and stroke mortality: a prospective study of US adults. Public Health Nutrition 2011, 14(2):261-70.Qureshi AI et al. Regular egg consumption does not increase the risk of stroke and cardiovascular disease. Med Sci Monit 2007; 13:CR1-8.
⁴ Hu F et al. A Prospective Study of Egg Consumption and Risk of Cardiovascular Disease in Men and Women. J Am Med Assoc 1999; 281:1387-94.
⁵ Dawber TR et al. Eggs, serum cholesterol, and coronary heart disease. Am J Clin Nutr 1982; 36:617-25.
⁶ Barraj L et al. A comparison of egg consumption with other modifiable coronary heart disease lifestyle risk factors: a relative risk apportionment study. Risk Anal 2009; 29(3):401-15.
⁷ Jones PJ. Dietary cholesterol and the risk of cardiovascular disease in patients: a review of the Harvard Egg Study and other data. Int J Clin Pract Suppl 2009; 163:1-8, 28-36. 8. AHA/ACC. 2013 AHA/ACC Guideline on Lifestyle Management to Reduce Cardiovascular Risk.