Un musée familial racontant 200 ans d’histoire agricole


Onzième de sa lignée à porter ce prénom, l’incarnation moderne de David Coburn souhaite préserver le souvenir des dix ancêtres qui l’ont précédé.

Le David de 2018 a donc réalisé quelque chose d’extraordinaire : il a construit un musée relatant l’histoire agricole de sa famille s’étendant sur 200 ans à Keswick Ridge, au Nouveau-Brunswick.

Le musée familial abrite des centaines d’objets anciens appartenant à la famille Coburn.

La tâche paraît impossible à réaliser – comment peut-on répertorier l’histoire de six générations d’agriculteurs? Or, comme l’explique David, « lorsqu’on habite au même endroit depuis 200 ans, on accumule beaucoup de choses! »

David Coburn est entouré de photos datant des six dernières générations de la famille Coburn dans son musée familial.

C’est peu dire. Le musée de la famille Coburn renferme une collection d’objets anciens de toutes sortes qui ferait assurément l’envie de bien des musées nationaux. Nous nous attendons à découvrir une histoire grandiose en visitant les grands musées du pays, mais le petit musée Coburn nous offre un portrait étonnamment étoffé de l’histoire agricole canadienne, et ce, en parcourant l’histoire d’une seule famille canadienne.

L’histoire débute avec l’arrivée du premier David Coburn à Keswick Ridge en 1803. En 1806, il achète la terre qui appartient depuis à la famille Coburn et, la même année, bâtit une maison, qui s’y trouve toujours aujourd’hui. Le patriarche laisse derrière lui un héritage remarquable rempli de récits dignes d’un film de la série Indiana Jones.

David Coburn déchiffre les initiales de ses ancêtres gravées dans cette ancienne porte en bois.

En quittant la ferme familiale, les membres de la famille Coburn semblent prédestinés à vivre des aventures. Prenons l’exemple de Benjamin Coburn, qui a fréquenté la Harvard Medical School avant de servir pendant la guerre de Sécession. Benjamin a survécu et est revenu à Keswick Ridge pour y ouvrir son cabinet médical. Le musée de la famille Coburn conserve d’ailleurs la gourde qu’il a utilisée pendant la guerre.

Trois autres membres de la famille Coburn ont acheté une goélette dans le but de prendre part à la ruée vers l’or en Californie. Ces derniers ont subi les foudres d’un ouragan au large de la côte du Brésil avant de s’échouer en route vers la pointe de l’Amérique du Sud. Les membres de l’équipage se sont installés sur la côte ouest et, il y a quelques années, leurs descendants sont revenus au pays pour assister à la fête du 200e anniversaire de la famille Coburn.

Whelan fait la connaissance de toute la famille – Le ministre fédéral de l’Agriculture Eugene Whelan a passé la journée de jeudi au Nouveau-Brunswick dans le cadre d’une tournée de la région atlantique. Il en a profité pour discuter avec un groupe d’agriculteurs à la ferme de Burris Coburn à Keswick Ridge, près de Frédéricton. On aperçoit ici M. Whelan (à droite) avec M. Coburn et le coq domestique de ce dernier à la ferme avicole de la famille Coburn.

La famille Coburn occupe même une place dans l’histoire agricole du pays. David possède une photo encadrée d’Eugene Whelan en visite à la ferme Coburn, image publiée à l’époque dans les journaux du pays. Whelan a créé le système qui profitent tant aux producteurs d’œufs canadiens — un système qui offre aux consommateurs un approvisionnement constant en œufs frais de provenance locale et qui permet aux fermes familiales comme celle des Coburn de vivre pendant des générations à venir.

David Coburn devant son arbre généalogique.

Voilà ce qui rend le musée agricole de la famille Coburn si remarquable : il représente, à petite échelle, la grande histoire du pays. Le musée concerne l’histoire de la famille Coburn, mais raconte aussi celle du Canada. L’existence de telles fermes multigénérationnelles constitue un héritage extraordinaire qui mérite d’être protégé. Grâce à la gestion de l’offre, cette formidable histoire canadienne — celle de la famille Coburn — se poursuivra et le musée familial continuera, au fil des années, de se remplir d’objets hétéroclites.