Claire Ross : comment une enseignante de français fait le pont entre l’éducation et l’agriculture
Par Les Producteurs d’œufs du CanadaCe texte fait partie d’une série de portraits mettant en vedette les participantes à notre Programme des femmes dans l’industrie des œufs, un programme unique de mentorat mutuel qui réunit des productrices d’œufs de partout au Canada afin d’acquérir des compétences en leadership et de faciliter le transfert de connaissances.
Claire Ross
Moorefield (Ontario)
Claire Ross a toujours su faire le pont entre les mondes. En classe, elle suscite la curiosité des élèves de son programme de cours immersifs en français et du programme cadre de français. Sur la ferme familiale de Moorefield, en Ontario, elle est une productrice engagée d’œufs, de cultures commerciales et de dindons, qui supervise des troupeaux, des poulaillers et la prochaine génération de jeunes producteurs. Qu’elle enseigne la grammaire ou qu’elle fait la collecte des œufs, sa mission demeure la même : aider les jeunes à comprendre d’où proviennent leurs aliments.
C’est cette philosophie qui l’a amenée à faire éclore des poussins dans sa classe. Il ne s’agissait pas d’une leçon de vocabulaire, mais plutôt d’une leçon de vie, de responsabilité et de liens. Lorsque les poussins ont finalement éclos, l’enthousiasme des élèves lui a rappelé pourquoi elle est devenue enseignante et productrice.
« J’ai toujours cru qu’il fallait sensibiliser les enfants à l’agriculture, dit-elle. De voir un poussin sortir d’un œuf devant eux change leur façon de comprendre la nourriture. »
Claire fut la première de sa famille à obtenir un diplôme universitaire, soit un baccalauréat en français et un autre en éducation. Pourtant, même si elle a bâti une carrière florissante à titre d’enseignante de la troisième à la sixième année au cours des 15 dernières années, la ferme n’a jamais cessé de l’attirer. Elle a passé ses fins de semaine, ses soirées et ses étés à la maison pour aider ses parents, ses oncles et ses frères à diriger Ross Enterprises Ltd.
Aujourd’hui, elle a bouclé la boucle en travaillant aux côtés de sa famille pour élever des poules vivant dans des logements en colonie enrichie, en supervisant un projet de construction d’un nouveau poulailler et en défendant des pratiques durables, comme l’énergie solaire. De plus, avec son mari, Ryan, elle élève la cinquième génération à la ferme : Roz et Carson, qui apprennent déjà le rythme de la vie agricole.
Son influence s’étend bien au-delà du poulailler. Claire est conseillère de la Zone 7 auprès des Egg Farmers of Ontario et fière diplômée du programme de mentorat de Women in Food and Agriculture. Elle a également représenté l’Ontario dans le cadre du Programme national des jeunes producteurs des Producteurs d’œufs du Canada, prenant la parole aux assemblées nationales en anglais et en français. « Le bilinguisme est un atout, explique-t-elle. Il me permet d’établir des liens avec les producteurs partout au pays. »
Cette année, elle gagne encore en expérience en participant au Programme des femmes dans l’industrie des œufs, une expérience qu’elle qualifie de transformatrice. « Ma mentore possède une vaste expérience, allant de la conformité à la planification de la relève. Apprendre d’elle a été incroyable. Le plus intéressant, c’est d’établir des relations entre les provinces, de voir la façon dont les autres fermes fonctionnent et de constater que nous sommes plus forts lorsque nous apprenons les uns des autres. »
Sa mère, Joyce, demeure l’une de ses plus grandes sources d’inspiration. « Elle a été productrice à temps plein pendant des décennies et continue d’agir comme le pilier de la ferme », explique Claire. De regarder sa mère gérer les activités avec dévouement et résilience lui a inculqué les valeurs de la persévérance et du leadership.
C’est un héritage que Claire espère transmettre. « Je veux que notre fille et nos nièces voient le leadership comme quelque chose qui leur ressemble, dit-elle. Davantage de femmes dans les conseils, dans des rôles en matière de politiques et les postes de direction visibles. C’est l’avenir dans lequel je veux qu’elles croient en grandissant. »