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À l’intérieur du poulailler : Tyson Koopmans parle d’agriculture, de foi et de responsabilité personnelle


Ce texte fait partie d’une série de portraits de jeunes producteurs d’œufs. Ces jeunes chefs de file font tous partie du Programme national des jeunes producteurs des Producteurs d’œufs du Canada, une initiative visant à préparer la prochaine génération de chefs de file de l’industrie ovocole.

Tyson Koopmans

Abbotsford (Colombie-Britannique)

Au moment où la plupart des gens terminent leur journée, Tyson Koopmans se dirige vers le poulailler pour entreprendre un autre type de travail et entamer la partie de sa journée qui ressemble le plus à son chez‑soi.

Son emploi à temps plein à titre de conseiller technique en volaille chez Ritchie-Smith Feeds lui permet de se déplacer d’une ferme à l’autre partout en Colombie‑Britannique et de s’immerger profondément dans la mécanique et la stratégie de la production d’œufs. Mais à la maison, le rythme change.

« Passer du temps dans le poulailler avec les poules est l’un de mes moments préférés, dit‑il. C’est un environnement calme et tranquille, et j’aime vraiment m’y promener au milieu des oiseaux. »

Aviculteur de quatrième génération à Abbotsford et producteur d’œufs de troisième génération, Tyson appartient à une ferme familiale qui s’est façonnée au fil des décennies. La ferme originale, fondée par son grand‑père alors adolescent, se dresse toujours un peu plus loin sur la route et est maintenant dirigée par son oncle.

Il y a une dizaine d’années, la famille du côté de Tyson a pris en charge sa portion de la propriété pour poursuivre en parallèle la lignée à la Runway Poultry Farms.

Pendant quelques années, cependant, Tyson a quitté l’entreprise. Après ses études secondaires, il a étudié le commerce à la University of the Fraser Valley, puis s’est lancé dans l’industrie de la construction, où il a travaillé dans les ventes et s’est bâti une carrière qui n’avait pas grand‑chose à voir avec l’agriculture. Cet éloignement lui a ouvert les yeux.

« Il a fallu que je m’éloigne pour vraiment comprendre ce que j’avais, dit-il. En vieillissant, j’ai vu ce que cette vie pouvait m’apporter… de la souplesse… même une chose aussi simple que prendre un repas à quelques pas du poulailler.

« Je me sens très chanceux d’être né dans une famille de producteurs d’œufs. Il faut partir pour vraiment apprécier ces choses‑là. »

Aujourd’hui, ses deux rôles — conseiller et producteur — sont pratiquement indissociables.

« Chaque jour, j’ai l’occasion de visiter différentes fermes ovocoles et de passer du temps avec différents troupeaux, poursuit‑il. J’ai vu tellement de styles de gestion et de systèmes de collecte des œufs. Tout ce qui m’aide dans mon travail m’aide aussi à être un meilleur producteur. »

À la ferme, qu’il exploite maintenant avec son père, il continue d’effectuer des tâches pratiques — collecte des œufs, entretien, vérification quotidienne du troupeau —, mais il est guidé par une compréhension plus large de ce qui est possible.

En 2019, ils ont adopté un système de logement en volière à plusieurs niveaux. Dans une région où les terres sont restreintes, la construction en hauteur plutôt qu’en largeur offrait une solution pratique.

L’année suivante, ils ont installé des panneaux solaires sur le toit du poulailler; ces panneaux produisent aujourd’hui 75 % de l’électricité consommée chaque année par l’entière propriété.

En tant que ferme certifiée biologique, ces choix reflètent leur approche à l’agriculture.

En dehors de la ferme, Tyson agit comme chef de file bénévole auprès des jeunes de son église, où il encadre un groupe de garçons de neuvième année et tient des rencontres régulières pour prendre la parole, prodiguer des conseils et tisser des relations. Sa foi est venue ajouter une dose supplémentaire de responsabilités à ce qu’il fait pour gagner sa vie, soit fournir de la nourriture aux habitants de sa province. « On réfléchit plus profondément à la façon de faire les choses d’une manière respectueuse et responsable », dit‑il.

Son implication dans l’industrie évolue elle aussi. Récemment, Tyson s’est joint au Programme national des jeunes producteurs d’œufs des Producteurs d’œufs du Canada, où il représente la BC Egg. C’est pour lui une étape qui lui permettra de mieux comprendre les rouages du commerce au‑delà des activités quotidiennes de son propre poulailler.

« J’ai hâte d’en apprendre davantage sur la production d’œufs partout au pays, sur les défis à relever et les décisions à prendre pour faire de notre industrie ce qu’elle est au Canada, poursuit‑il.

« Je crois que la production d’œufs est unique parce qu’elle se pratique de génération en génération. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’industries comme la nôtre où les enfants suivent les traces de leurs parents, dit‑il.

« Je suis fier d’être un producteur d’œufs, et je suis emballé à l’idée de travailler toute ma vie dans l’industrie. »