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Voici Josiah Mullet-Koop : un producteur de sixième génération qui voit plus loin que le poulailler


Ce texte fait partie d’une série de portraits de jeunes producteurs d’œufs. Ces jeunes chefs de file font tous partie du Programme national des jeunes producteurs des Producteurs d’œufs du Canada, une initiative visant à préparer la prochaine génération de chefs de file de l’industrie ovocole.

Josiah Mullet-Koop

Jordan (Ontario)

Bien avant qu’il ne devienne la chambre d’enfance de Josiah Mullet-Koop, le grenier de la ferme familiale était jadis éclairé par des lampes à rayons infrarouges et rempli de petits poussins qui gazouillaient.

Cette époque s’est terminée longtemps avant que Josiah vienne au monde, mais il a toujours eu l’idée de s’inscrire dans la continuité de ce qui l’avait précédé. « J’ai toujours su que j’y participerais d’une façon ou d’une autre, dit-il, mais je ne savais pas exactement de quelle manière. »

La ferme, située à Jordan, en Ontario, se trouve sur des terres sur lesquelles sa famille travaille depuis près d’un siècle. Josiah, un producteur de sixième génération, fait partie d’une lignée qui remonte aux années 1930, lorsque sa famille est arrivée d’Ukraine et a commencé à construire une ferme qui produit aujourd’hui des œufs et qui cultive 40 acres de raisins rouges, lesquels sont vendus à des établissements vinicoles de la région de Niagara.

Les poules font partie intégrante des activités depuis le début. À l’heure actuelle, Josiah gère la ferme aux côtés de son père, Chris, tandis que son frère Tim y participe à l’occasion et que son frère Liam termine un diplôme en agriculture et envisage de s’y joindre au cours des prochaines années. Son grand-père, qui vit de l’autre côté de la route, est encore présent régulièrement.

Avant de s’engager dans les activités familiales, Josiah a quitté la ferme pendant un moment. Après ses études secondaires, il a fréquenté l’Université de Guelph où il a obtenu un diplôme en agriculture, puis a terminé une maîtrise en comportement et bien-être de la volaille.

C’est en étudiant sous la direction de Tina Widowski, une scientifique avicole de premier plan, qu’il a commencé à voir le travail qu’il faisait depuis l’enfance sous un jour nouveau.

« Mes études m’ont ouvert les yeux sur tout ce qui se cache derrière les décisions que nous prenons à la ferme, explique-t-il. Il ne suffit pas de savoir ce qui fonctionne, mais aussi pourquoi. »

Ses recherches ont porté sur le comportement de perchage chez les jeunes poules. Il a utilisé des caméras installées dans son propre poulailler pour suivre le moment où les oiseaux commencent à se percher, ce qui les pousse instinctivement à le faire et la façon dont ils se déplacent dans un espace.

« Une grande partie de ce qu’ils font est tout à fait innée, dit-il. Même après des années de domestication et d’environnements changeants, ils ont conservé de nombreux comportements instinctifs. Une fois qu’on le remarque, on commence à penser différemment à la façon de créer leur environnement. »

Cette prise de conscience s’est produite exactement au bon moment, car sa famille faisait passer les poulaillers d’un système de logement amélioré à un système d’élevage en liberté. Cette transition a exigé une planification minutieuse et a été accompagnée de quelques essais et erreurs. La recherche de Josiah a aidé à orienter le processus, notamment en ce qui a trait à la structuration de l’espace et à la manière d’introduire les oiseaux.

« On ne change pas seulement un système, on demande aux oiseaux de s’adapter à quelque chose de complètement nouveau, dit-il. Il faut donc réfléchir à la façon dont ils vont se déplacer dans ce nouvel environnement et à ce qui sera logique pour eux. »

C’est le genre de réflexion qui oriente maintenant ses décisions quotidiennes. Ce qu’il a appris dans un contexte de recherche – comment observer, tester et améliorer – s’est transposé dans la façon dont il gère la ferme, de la conception des systèmes à la prise de décisions de gestion.

« Je ne m’attendais pas à utiliser autant ce que j’ai appris à l’école, dit-il, mais je le remarque dans tout ».

Pour compenser entièrement la consommation d’électricité, de nouveaux panneaux solaires devraient s’ajouter à ceux installés il y a plus d’une décennie. L’eau de pluie est recueillie, filtrée et réutilisée au sein de l’exploitation. Chaque nouvelle étape s’appuie sur la précédente.

Au-delà de la ferme, Josiah assume un rôle élargi dans l’industrie. À titre d’ambassadeur des Egg Farmers of Ontario, il visite des salles de classe d’écoles primaires pour parler aux élèves de la production alimentaire. Il fait du bénévolat lors de foires et d’événements, et à l’échelle nationale, il termine son deuxième mandat au sein du Conseil canadien de la jeunesse agricole, contribuant aux conversations avec les dirigeants fédéraux. Il siège également à une table de mobilisation du secteur pour l’industrie horticole pour rencontrer des dirigeants gouvernementaux afin de relier les priorités de la recherche et celles de l’industrie.

« Nous travaillons tous à la même chose, dit-il, mais il peut y avoir des lacunes. Le fait de s’impliquer dans chacun de ces domaines aide à transformer la recherche en quelque chose de pratique et à s’assurer que les décisions prises à un haut niveau reflètent ce qui se passe réellement dans les fermes. »

Cette perspective fait partie de ce qui l’attire vers le Programme national des jeunes producteurs. C’est l’occasion d’aller au-delà de sa propre région et de tisser des liens avec d’autres personnes qui façonnent l’avenir de l’agriculture partout au pays.

« J’aime travailler avec mes mains. J’aime travailler avec des poulets, dit-il, et je suis très fier de faire partie de la production alimentaire. Une douzaine d’œufs, ça paraît simple. Pourtant, il y a tellement d’éléments qui entrent dans leur production : de nombreux métiers différents, des travaux de recherche scientifique et des personnes qui prennent des décisions chaque jour. »